#163 : L’ami imaginaire – Stephen CHBOSKY

Couvertures

L’ami imaginaire, par Stephen Chbosky, traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean Esch

  • Titre original : Imaginary friend
  • Maison d’édition : Calmann-Lévy
  • Collection : Calmann-Lévy Noir
  • Pays : États-Unis
  • 749 pages
  • Quatrième de couverture

« Une mère et son fils en cavale trouvent refuge dans la petite communauté de Mill Grove, en Pennsylvanie.
Mais dans ce havre de paix, le petit garçon disparaît.
Quand il émerge de la forêt six jours plus tard, il a l’air indemne.
Lui seul sait que quelque chose a changé.
La voix du bois est dans sa tête et lui dicte une mission.
S’il ne lui obéit pas, sa mère et tous les habitants de Mill Grove risquent son courroux…
« 

avis livre

calmann-levy-noirEn voici un, un des pavés les plus attendus en France ! Composé de quelques 700 pages, la brique alliait fantastique et horreur, tension à en faire dégringoler le cœur, et nuits blanches comme récompense. L’ami imaginaire, de Stephen Chbosky, est un de ces romans aux airs imposants, qui se mérite assurément, et qui creuse dans les couches de profondeur du sujet

Quoi de mieux pour entrer dans une histoire qu’une écriture hachée, un style aiguisé qui sait séduire ? Phrases courtes et mystérieuses, ambiance lugubre avec la forêt en arrière-plan, une fuite pour échapper à un homme dangereux. Voilà ce qui nous accueille d’entrée de jeu ; ne sentez-vous pas l’odeur fraîche d’un hommage à Stephen King ? Ville retirée, à l’écart de tout, forêt qui regorge de monstres, sursauts et frissons fantomatiques, de nombreuses têtes, enfants comme personnages principaux… et si vous ne voyiez pas les clins d’œil à cet auteur mythique du genre horrifique, les 700 pages qui suivront pourraient vous titiller régulièrement. On y retrouve-là les mêmes ingrédients !

Qu’ils soient enfants ou adultes, les personnages de L’ami imaginaire ont ce quelque chose d’unique qui les rend attachants. Les enfants paraissent certes parfois trop mâtures pour leur âge – rappelons qu’ils ont entre 7 et 8 ans – mais ils ont chacun une personnalité propre qui permet de les reconnaître, et de les aimer. Les adultes parviennent même à se faire une place dans l’esprit du lecteur, humains et vulnérables, emplis de défauts, mais pas que. La manière de les façonner les rend crédibles, et éligibles à notre attachement si cher ! Certaines scènes, qui vous paraîtront longues ou inutiles, servent en fait à nous les rendre humains et accessibles. Bien dosées, on ne s’en lasse pas et ça permet aussi de faire des pauses avec le côté sombre de l’intrigue.

Cette introduction d’un monde d’enfant qui fuit la folie de l’humain vers un monde hanté par pire que l’humain est plaisante, en plus de provoquer moult frissons et arrêts du cœur, comme promis. Mais voilà que la fin de la première partie se pointe, avec des événements qui s’enchainent sur une danse frénétique, toujours au bon moment pour relancer l’intérêt. Et c’est seulement en arrivant à la moitié, alors qu’on s’imagine tomber sur un véritable coup de cœur, que la perception change, en même temps que la direction prise. Ce que l’on appelait « monde imaginaire » prend une autre forme, plus angoissante, moins originale aussi, quelque part. A la fois dépaysé et avide d’en savoir plus, la deuxième partie s’embrouille à coups de rebondissements trop rapides, d’enchaînements qui font perdre la notion de l’urgence et de l’important. Certaines questions trouvent leurs réponses, d’autres se forment, et pendant ce temps, tout s’emmêle.

L’ami imaginaire aurait pu être un coup de cœur ; le destin veut qu’il s’agisse finalement d’une très bonne lecture avec un coup de cœur manqué. Car trop de rebondissements tue le rebondissement. En fonction de vos affinités avec les sujets traités et la fin, peut-être vous sentirez-vous arnaqués ou en tout cas biaisés, car vous ne vous attendiez pas à ça, vous espériez autre chose. On y parle après tout de religion et de foi, de Bien et de Mal, d’amitié et d’amour, le grand Amour, celui qui dépasse les millénaires et sait libérer les âmes vagabondes. Pour ceux qui n’aiment pas parler religion en littérature, il est vrai que ce roman pourra vous irriter. En ce qui me concerne, j’y vois une prise de risque bien amenée, au style maîtrisé, avec des personnages crédibles. Si ce n’est la fin qui m’a paru trop saugrenue, trop rapide et en même temps pas assez peaufinée.

Coup de cœur manqué, et en même temps un enrichissement ; il y a là-dedans des valeurs humaines fortes, alors peut-être que l’aspect religion me laisse une légère impression d’inconfort par moments, mais je n’ai pas boudé mon plaisir pour autant avec ce mélange de fantastique et d’horreur. Pour un tel pavé, il est impératif de se laisser guider par l’auteur, de lui faire confiance et de s’abandonner à ses mots. Un roman qui se mérite, assurément, et dont on peut dire qu’il nous aura changé des histoires habituelles, même si on retrouve de nombreux ingrédients connus !

La plume

CHBOSKY StephenDeux choses essentielles à savoir : la plume étatsunienne combine plusieurs casquettes, puisque Stephen Chbsoky est aussi producteur, scénariste et réalisateur en plus d’être écrivain. Deuxième élément : c’est avec Le monde de Charlie (The Perks of Being a Wallflower en version originale) qu’il est arrivé sur le marché français, ce roman épistolaire étant disponible dans plusieurs langues !

L’ami imaginaire est son premier roman à suspense et tension psychologique, aussi on espère le voir re-tenter l’expérience rapidement ! En attendant, ses nouveautés sont accessibles sur sa page Babelio, et si vous voulez en savoir plus sur la plume, sa fiche Wikipédia vous attend !

Pour aller plus loin          

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