#117 : La mélodie du malheur – Michaël MOSLONKA

La mélodie du malheur

La mélodie du malheur, par Michaël Molsonka

  • Maison d’édition : Éditions Faute de frappe
  • Pays : France
  • 128 pages
  • Quatrième de couverture :

« Un village enchanteur, bucolique.

Un éternel soleil.

Et sous la surface, la plus noire des vérités…

Mina vient d’emménager aux Trois Epis avec ses parents. Enfant surdouée, elle a toujours eu du mal à se faire des amis. Sa rencontre avec Lucien, un gamin du pays, va changer la donne. Hélas Mina découvrira qu’aux Trois Epis, certaines choses se payent cher. »

avis livre

Faute de FrappeLa mélodie du malheur, c’est avant tout une nouvelle publiée dans l’anthologie Mystères et mauvais genres chez Sombres Rets, qui a trouvé son chemin dans une version plus longue, une novella. N’ayant pas lu la nouvelle d’origine, je me suis lancée dans ce court roman sans savoir de quoi il retournait ; quelle était cette fabuleuse idée qui méritait plus de pages ?

Alors parlons tout de suite de l’idée ! Fabuleuse, oui ! Un délice, même, pour quiconque aime bercer dans le mystique et le surnaturel. Armées d’une atmosphère glauque, les pages abritent des brins de mystères et de suspense, mais… le reste ne suit pas avec le ton du récit. Si l’écriture tranche avec son lot de malaise et les brumes d’un monde malade, le potentiel de toute cette histoire se retrouve très vite malmené par des passages qui semblent longs, et lents, surtout.

J’appelle Marina, ou Mina, à la barre des accusés ! Marina est l’enfant prodige que le récit nous propose de suivre, elle qui déménage dans un petit coin perdu avec ses parents, elle qui fait des rencontres intrigantes et flippantes, elle qui doit démêler un mystère qui cache la face la plus sombre de l’humanité. Marina, huit ans, gamine surdouée qui n’a rien d’une gamine. Exactement le même schéma que Stephen King quand il se met à parler d’enfants surdoués. Insupportable et creuse, la narration de son point de vue empêche toute sympathie pour cet ordinateur sur pattes.

Car c’est là le problème, comme pour à peu près tous les gamins surdoués en fiction. Rat de bibliothèque, personne-je-sais-tout, incompris de ses parents, maltraité par ses pairs. Pas crédible pour un sou, malheureusement, parce que Marina n’a aucun trait de caractère autre que son haut potentiel intellectuel, et tout ça dans l’unique intérêt de servir le scénario, et on le verra sur la fin. C’est pénible, il faut que ça tombe sur cet auteur plutôt qu’un autre, mais voilà, je sature de voir toujours la même chose quand on parle d’enfants surdoués. Parler six langues à huit ans, sans que ses parents ne l’aient jamais su, bien sûr. Avoir accès à tablette et ordinateur portable, être l’incomprise de tous. Encore et toujours. Si le propos tente de sensibiliser, c’est bien, mais il le fait avec tellement de clichés que ça en devient, pardon pour les mots, lourd et gavant.

Non, impossible de s’attacher à cette gamine, malgré toutes les frayeurs et les ennuis qui lui arrivent, dont certains auraient dû engendrer chez moi de l’angoisse, comme ça l’a fait pour ce personnage. Mais non, vraiment, je n’ai pas pu avoir un souffle de sympathie pour elle, ni pour aucun des autres personnages, très peu développés. Plus les pages avancent, et plus Mina devient horripilante. Dur de s’impliquer dans un roman quand, comme dans le cas présent, sa narration repose entièrement sur ledit personnage horripilant. Comment parvenir à aimer l’ensemble quand le point noir s’accapare toutes les pages ?

Et là, je suis sacrément embêtée, parce que… Oui, l’idée de départ, la base, ce retournement de situation qui nous vient finalement, malgré le fait que ce soit un poil un cheveu sur la soupe (sauf pour ceux qui parlent l’italien aussi bien que la chère Mina), c’est du bon ! Un vent de glauque pour en remettre une couche, un vrai plaisir lorsqu’on en apprend plus sur ce village étrange et intrigant. Le potentiel était là, à portée de mots, et… Mina. Je ne dirais pas potentiel gâché, je dirais que je suis en demi-teinte, et c’est extrêmement dommage parce que l’idée de base était formidable.

L’ensemble manque d’intérêt, porté par une narratrice pas franchement sympathique qui nous offre donc des scènes lentes et inutiles, à nos yeux tout du moins. Malgré un style agréable et quelques frissons, La mélodie du malheur n’aura pas réussi à me séduire. Je me dis alors que j’aurais bien aimé lire une version bien plus longue, qui aurait laissé le temps à l’auteur d’explorer en profondeur le village et les personnages, dont Mina. Un peu plus de pages et peut-être aurait-elle gagné une pointe de mon estime, nous qui partageons quelques points communs.

Pas de Cupidon cette fois, pas de trace éternelle dans mon esprit. Je vous recommande quand même cette lecture, ne serait-ce que parce que c’est un roman court qui se lit facilement et qui provoquera à coup sûr quelques malaises ! À vous de tenter, vous tomberez peut-être sur un coup de cœur ! Quant à moi, je compte bien retenter ma chance avec la plume, y a pas de raison !

La plume

MOLSONKA MichaëlAuteur qui nous vient de France, Michaël Moslonka est une plume que l’on connaît depuis 2004, année de ses débuts de publication dans des magazines et des revues, bien qu’il ait en réalité commencé sa carrière dès l’école primaire !

Romancier, mais pas que, puisqu’aussi écrivain public ! Et auparavant, éducateur ! Babelio vous guidera sur le chemin de ses livres, et son site d’auteur vous fournira une biographie étayée de la plume.

Pour aller plus loin          

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