#105: Sept mensonges – Elizabeth KAY

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Sept mensonges, traduit de l’anglais par Nicolas Ancion et Axelle Demoulin

  • Maison d’édition : Éditions Robert Laffont
  • Collection : La Bête Noire
  • Pays : Royaume-Uni – Angleterre
  • 514 pages
  • Quatrième de couverture :

« Tout a commencé par un mensonge. Un tout petit mensonge…

Jane et Marnie sont inséparables depuis l’enfance. Et si Jane avait été honnête depuis le début – si elle n’avait pas menti cette toute première fois –, alors peut-être que les choses auraient pu tourner autrement. Peut-être que le mari de sa meilleure amie serait encore en vie.

Le temps est venu pour Jane de dire la vérité, enfin… sa vérité. Tandis qu’elle se confie et décortique les sept mensonges qu’elle a racontés à Marnie, chacun plus terrible que le précédent, elle révèle les couches de noirceur qui ont infiltré leur amitié et les secrets toxiques qui remuent sous la surface. Mais une vérité peut toujours en cacher une autre… »

avis livre

LOGO éd robert laffont la bête noirePuisque je vous dis qu’un jour, je rattraperais mon retard dans les parutions de la collection La Bête Noire ! C’est au tour de Sept mensonges d’atterrir entre mes mains, comment résister à pareille couverture infinie ? Vous pourriez être séduit(e) par la couverture, ou le résumé, mais SURTOUT, vous ne pourrez rester indifférent(e) devant l’objet-livre en lui-même ; magnifique et bien pensé ! Chaque mensonge est symbolisé par un intercalaire, voilà de l’originalité qui annonce du bon !

Pour un premier roman édité, un thriller de surcroît, Elizabeth Kay démontre sa maîtrise avec une écriture prenante accompagnée d’une touche de mystère dès le départ : la narration est laissée à Jane, la femme qui va nous raconter sa vie, cependant, on ignorera jusqu’à la fin à qui elle s’adresse. Un mystère accordé à une pincée de malsain, quelque chose au-dessus de notre tête, un pressentiment que quelque chose ne va pas pas.

Je ne vais pas vous mentir, le format a des défauts. Il est vrai que l’on va suivre la vie de Jane depuis le début, son amitié infaillible avec Marnie puis les chemins qu’elles ont pris, les souffrances et les joies… vous ne pourrez pas faire l’impasse sur des passages bien écrits mais longs, voire lassants, et des détails que vous jugerez peut-être même inintéressants. Vous aurez sûrement l’impression que certaines pages sont là pour remplir. En effet, Sept mensonges est avant tout un thriller psychologique porté sur une amitié qui s’effiloche, et on tente de comprendre le pourquoi du comment Jane et Marnie en arrivent à cette situation présente. N’attendez pas de scène d’action, de police aux trousses d’un meurtrier ou d’interrogatoire douteux, mais plutôt des questionnements, un récit d’une femme qui s’est embourbée dans ses mensonges. Découvrez les conséquences de sept mensonges, petits d’abord, puis plus grands, forcément.

Mais manque d’action, ça veut dire lâcher le roman ? Surtout pas ! Car s’il y a relativement peu de tension sur la première moitié, la deuxième va tout chambouler. Il aura fallu un peu de temps pour rentrer dans l’histoire en elle-même, et soudainement, on se surprend à avoir le cœur serré en lisant les mots de Jane. Les pages défilent, le lecteur avance fébrilement, une boule au ventre, lancé pour de bon jusqu’à la fin.

Vous pourriez râler devant cette fin. Mais vous pourriez être, comme moi et d’autres, enchantés d’une fin en réalité si parfaite. Inattendue, oui. Risquée ? Absolument, il suffit de voir nos réactions à nous, lecteurs ! Audacieuse ? C’est justement cette fin qui relève les longueurs observées un peu plus tôt, et qui change la vision du roman. Lorsqu’on a enfin la vision d’ensemble, lorsque l’on prend conscience des implications… une dernière partie magistrale, bien qu’inégale avec la première moitié.

Dans les malheurs et les épreuves, Sept mensonges nous amène aussi à réfléchir, à grincer des dents lorsqu’on rencontre une journaliste qui va nous mener la vie dure, à Jane et à nous ! Une façon pour l’auteure de nous rappeler qu’une partie des médias prend les drames comme un jeu ; du sensationnalisme en continu, des fouteurs de troubles qui cherchent à tout prix un scoop pour faire avancer leur carrière, sans empathie pour les personnes qu’ils vont parfois jusqu’à harceler. Il y a bien plus, cependant : la maladie mentale, l’anorexie et la mémoire avec la sœur de Jane et leur mère. L’amitié que l’on croit indestructible, l’amitié qui s’effrite, accepter de lâcher la main des personnes qui prennent un chemin différent du nôtre. Des sujets profonds qui, forcément, toucheront le lecteur à un moment donné, tant on les vit au quotidien.

Après plusieurs semaines, me voici à présent confrontée à la question suivante, que je vous invite aussi à contempler : que ressentez-vous pour Jane, une fois le livre refermé, une fois que vous avez écouté son histoire ? Ressentez-vous de l’empathie pour cette femme, ou du dégoût ? Qu’est-ce Jane, pour vous ? Sur ces interrogations, je vous laisse à vos découvertes et je vous recommande grandement de tenter votre chance. On a frôlé le coup de cœur, il s’en est fallu de peu ! Un peu moins de longueurs et Sept mensonges finissait dans mon autel des Amours Suprêmes…

La plume

elizabeth kayUne plume britannique pour vous : Elizabeth Kay ! S’il y a bien une chose que l’on peut dire, c’est que la plume a une belle carrière devant elle : Sept mensonges est certes son premier roman, mais saviez-vous qu’elle travaillait en parallèle dans l’édition ? Comme éditrice, rien que ça ?

Savez-vous également que l’écriture et elle, c’est une histoire qui date ? L’auteure a en effet gagné le premier prix dans un concours d’histoire courte, et depuis, elle n’a pas cessé de progresser. Un petit tour sur sa page Babelio ou sur son site vous aideront à vous tenir informé(e)s de ses actualités que l’on espère régulières !

Pour aller plus loin          

  • Un tour chez l’éditeur 
  • Bavardez un peu sur Babelio
  • Pourquoi pas donner son avis BePolar ?
  • Si découvrir le journalisme avec cette vision-là vous a plu ou vous a questionné, Fiona Barton a aussi écrit une trilogie où le journalisme a une grande place dans les affaires criminelles ; vous aurez le loisir de voir une vision moins minimaliste que celle que j’en fais, plus complète, et édifiante ! 

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