#44: La disparue de la cabine N°10 – Ruth WARE

44 la disparue

La disparue de la cabine N°10 par Ruth Ware, traduit de l’anglais par Héloïse Esquié

  • Maison d’édition: Fleuve Éditions
  • Collection: Fleuve Noir
  • 432 pages
  • Quatrième de couverture:
  » Une semaine à bord d’un yacht luxueux, à sillonner les eaux du Grand Nord avec seulement une poignée de passagers.

Pour Laura Blacklock, journaliste pour un magazine de voyage, difficile de rêver d’une meilleure occasion de s’éloigner au plus vite de la capitale anglaise. D’ailleurs, le départ tient toutes ses promesses : le ciel est clair, la mer est calme et les invités très sélects de l’Aurora rivalisent de jovialité. Le champagne coule à flot, les conversations ne manquent pas de piquant et la cabine est un véritable paradis sur l’eau.

Mais dès le premier soir, le vent tourne. Laura, réveillée en pleine nuit, voit la passagère de la cabine adjacente être passée par-dessus bord. Le problème ? Aucun voyageur, aucun membre de l’équipage ne manque à l’appel. L’Aurora poursuit sa route comme si de rien n’était.

Le drame ? Laura sait qu’elle ne s’est pas trompée. Ce qui fait d’elle l’unique témoin d’un meurtre, dont l’auteur se trouve toujours à bord… « 

avis livre
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© Marie Taccoën

Quel bonheur, mes bouilles, d’avoir croisé la route de ce roman, en voici un que j’ai eu vite fait de lire pendant mon long exil (mes vacances, en langage plus clair). Peut-être commencerai-je par vous parler en quelques mots de la magnifique couverture, dont vous pouvez trouver de belles photos sur le site de Marie Taccoën. Il se trouve que la couverture a un effet gouttes d’eau tout à fait sublime, qui, pour ma part, a scellé le destin entre La disparue de la cabine N°10 et moi. En clair, c’est la couverture qui m’a fait craquer, et j’ai même pô honte. Regardez-moi cette beauté, au toucher, c’est encore mieux !

Parlons ensuite du style: des pages remplies d’humour noir comme j’aime, des descriptions absolument magnifiques d’une Scandinavie qui fait rêver (au chapitre 8, précisément !). A savoir que j’ai une fascination certaine pour les pays nordiques, encore plus pour la Norvège, alors forcément, je me suis régalée de ces descriptions. Un style que je décrirai comme agréable, bien appuyé par la traduction, bref, il se lit très vite et c’est un vrai page-turner !

Aventurons-nous du côté des personnages. C’est avant tout l’histoire de Laura, une jeune journaliste dont vous découvrirez le caractère et le passé en lisant ce roman. Disons que Laura est très…elle a un caractère bien trempé, comme vous vous en apercevrez très rapidement. Une chose qui est appréciable avec elle, c’est qu’elle est honnête. 

Plongée dans le monde du journalisme, pas tout blanc, pas tout noir, mais là où il y a pas mal de noir, faut bien le dire. Des réflexions intéressantes et vraies sur les compétitions entre journalistes, et les comportements imbuvables et sexistes des hommes, particulièrement en la personne de Ben Howard dont vous entendrez aussi parler ! Ah, celui-là, je lui aurai bien collé mon poing dans la figure, mais comme son personnage connaît une évolution au fur et à mesure, je me retiens. Ce n’est pas ça qui l’excusera, mais tout de même, ça fait du bien de voir qu’il évolue en « bien », ce type. 

L’une des choses qui m’a fait dévorer ce roman en peu de temps, c’est notamment le huit-clos auquel on est confronté. En effet, La disparue de la cabine N°10 nous rappelle l’ambiance des huit-clos à la Agatha Christie. Personne ne peut communiquer avec la terre, Internet est semble-t-il bloqué, misère ! Laura, témoin d’un crime, ne peut même pas communiquer ses informations avec des proches. Elle est finalement seule, à devoir affronter une personne capable de tuer. Et c’est que le yatch n’est pas si grand, tout le monde se voit, tout le monde est susceptible d’être coupable du crime dont notre journaliste a été témoin. Bref, huit-clos troublant, oppressant même. Dans cet espace fermé, on ne peut que ressentir la même chose que Laura, bien malmenée elle aussi.

Les révélations et retournements de situation, ces fameux plot-twist, sont de taille sur les dernières parties, quasi-inattendus je dirais même, et relancent le suspense qui retombait un peu. C’est à dire que ce roman alterne entre moments forts et quelques temps morts, des conversations en apparence mondaine, mais c’est ainsi que fonctionne le journalisme: glaner des informations, se faire son réseau, et pour ça, il faut aller vers les autres, parler, nouer les liens…à ses risques et périls 

Autre chose de bien: plus on avance, plus la tension grimpe, avec un changement de décor et d’ambiance que l’on ne voyait pas venir, et que je vous laisserai découvrir de vous-même.

Niveau structure, c’est tout à fait intéressant de noter les huit parties différentes, qui mêlent les chapitres où l’on suit Laura, mais il y a aussi des chapitres réservés aux interactions hors du yatch. C’est ainsi qu’on voit l’inquiétude des proches de Laura, notamment celle de son petit-ami avec qui elle s’est bien embrouillée avant de partir. Ces petits chapitres se résument en mails, mais pas que, et c’est ce qui redonne souvent du suspens au reste, ce qui nous fait douter de tout. Une force pour le roman, je vous dis !

Et là-dedans, il n’y a que du bon, alors ? Eh bien non, malheureusement. C’aura pu être un coup de coeur, mais voilà, il y a un point négatif malgré tout. Le début, eh oui. Le début met un certain temps avant de se mettre en place. On se demande à quoi sert le cambriolage, s’il y avait finalement un lien avec le reste de l’intrigue ? La réponse est peut-être décevante. Et puis, oui, dur de rentrer dedans au début, tout simplement parce que l’intrigue met du temps à venir, mais une fois dedans, on est bien ! Il y a juste ces petites conversations mondaines qui ralentissent parfois le rythme, mais rattrapées par des révélations soudaines.

Le mot de la fin: le point noir de La disparue de la cabine N°10, c’est, à mon avis, le début, juste le début. Un rythme un peu lent, il y a peu d’action (sauf à la dernière partie, là, on est servis comme pas permis !), mais le huit-clos est très bien mené, tension avec Laura jusqu’à la toute dernière ligne. 

Je noterai la petite référence à Mort sur le Nil d’Agatha Christie, mais aussi une ressemblance entre Laura et Rachel, dans La Fille du train : alcoolisme, caractère du personnage, toutes deux témoins d’un crime (ou pas ?)

Bref. J’ai frôle le coup de cœur ! Très bonne lecture néanmoins, que je recommande vivement ! Par contre, pour la croisière en yatch, oubliez-moi. J’préfère rester sur terre !

Pour aller plus loin

  • Un tour chez l’éditeur ?
  • Continuez avec Babelio
  • Qu’est-ce que vous pensez d’une adaptation pour ce roman ? Vous aimeriez ? Avouons que les paysages nordiques s’ajoutant à l’intrigue, ça donnerait à coup sûr une beauté visuelle à faire rêver ! Alors, peut-on espérer un jour voir Laura au cinéma ?

2 commentaires Ajouter un commentaire

    1. File vite te l’acheter 😉

      Aimé par 1 personne

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