Saveur Littéraire

#41: Interfeel – Antonin ATGER

Publicités

Interfeel par Antonin Atger

 » Et si le monde entier avait accès à vos émotions ?

Nathan et ses amis sont en permanence connectés à Interfeel, un réseau social qui permet de partager ses émotions. Pour l’immense majorité des habitants de la planète, connaître les émotions de chacun est tout aussi naturel que téléphoner. Mais un événement tragique va se produire sous leurs yeux et bouleverser Nathan.
Fasciné par Élizabeth, une « sans-Réseau » qui vit en marge de la société, il voit toutes ses certitudes vaciller. Ce que les deux adolescents découvriront pourrait bien changer le monde à jamais… »

Après avoir englouti thriller sur thriller, il me semble bien que j’avais un peu trop délaissé la science-fiction que j’aime pourtant beaucoup. Et là, que vois-je? Un titre qui revient souvent sur Twitter, et dont la couverture m’attire fortement. En plus, ça tombe bien, la phrase d’accroche me donne déjà envie:

Et si le monde entier avait accès à vos émotions?

Ni une ni deux, je saute sur l’occasion de découvrir le premier roman d’Antonin Atger, appelé Interfeel. Je ne reviens pas sur la définition d’Interfeel, c’est un réseau qui a pris la place d’Internet, sauf que ce réseau permet une connexion à travers les émotions. Plutôt ingénieux, et nouveau ! Ce voyage, on le suit aux côtés de Nathan et de sa bande d’amis. Si l’on est dans l’ambiance lycée au tout début, la suite dépassera la frontière des classes. On traversera une grande ville connectée de partout grâce à Interfeel, mais aussi, nous voyagerons dans les égouts, dans un village de hors-la-loi, et bien plus !

Parlons Interfeel un instant. Au début de cette aventure, il est difficile de poser un avis clair dessus: est-ce positif ? Les avancées de toute matière grâce à Interfeel disent oui. Et puis, en plus, il y a l’Opale, une pierre aux capacités que nous, à notre époque, nous envierons sûrement beaucoup ! L’Opale, elle permet de faire tant de choses ! Je vous laisse découvrir par vous-même ce qu’on peut faire avec, bien sûr. Mais, Interfeel peut aussi s’avérer négatif, comme le roman va nous le montrer très rapidement. Alors, partons-nous sur une Dystopie ? Son paysage ne ressemble pas aux dystopies que l’on retrouve maintenant, n’est-ce pas ?

Je vous préviens, dès le chapitre 2, les bases sont posées, on s’en va dans les difficultés très vite, en se demandant ce qui s’est passé, et pourquoi ?! Ce chapitre permet également de se rendre compte qu’avec Interfeel, personne ne ressent ni ne pense vraiment par lui-même, réflexion qui sera d’ailleurs retrouvée dans la suite. Un parallèle avec certaines de nos actualités, peut-être ? Posez-vous la question !

Les personnages, maintenant. Oh, ce sont des ados, certaines réactions peuvent paraître exagérées, celles de Livia ou d’Elizabeth notamment, et moi qui n’ais pas l’habitude de lire du Young-Adult, j’ai dû m’adapter un peu, mais au final les personnages sont bien construits, on ne demande qu’à les connaître davantage. Nathan, qui se remet en question. Vlad, que j’adore détester et qui m’a régalé tout au long du chapitre 7. Le Tatoueur, aux motivations louables aux premiers abords. Claude, le professeur qui déclenche tout. Et puis, Elizabeth, aussi, et tous les autres. Mention à Kassandra qui m’intrigue vraiment, et que j’espère revoir dans le prochain tome ! 

Interfeel, les Forteresses Inversées, les super tatouages qui donnent des avantages considérables, les Opales, bref, tout ce qu’il faut pour m’intriguer, le tout avec des personnages tout en nuances. L’on ne peut se forger un avis définitif sur eux: un coup on se dit qu’ils sont tel ou telle chose, et après on change d’avis quand on a les explications.  

Et puis, les mystères, ah ça, qu’il y en a ! Sur la Guerre Numérique qui précède le superbe âge d’or, celui d’Interfeel. Les mystères autour de Kassandra et le Tatoueur, et tant d’autres !

Arrivés à la fin, on a eu droit à des retournements de situation inattendus et à nous clouer le bec, ah ça ! Et c’est là qu’on ne manque pas de hurler partout, de s’arracher les cheveux et de chercher partout sur Internet une réponse à la question la plus cruciale qui soit: Y AURA BIEN UNE SUITE, HEIN QUE Y AURA UNE SUITE ?!

Alors voilà, certes, quelques raccourcis sont pris sur les intrigues, mais ils n’enlèvent rien à la lecture, délectable pour ma part, de ce nouveau roman. La fin donne un ton d’espoir, on y retrouve le mot Résistance, gardez-le en mémoire, ce mot. Tout repose sur lui, à présent. Nous voici face à une révolution. Une autre chose que j’ai apprécié dans Interfeel, c’est la coopération des adultes et des adolescents, là où, en général, ce n’est pas le cas.

Petite note, je vous parlais de la fin, mais bien que ça me coûte de le dire, vous n’imaginez pas ! Il pourrait y avoir une suite, souhaitée par beaucoup je pense ! Mais, c’est aussi intéressant de noter que l’histoire pourrait se terminer là, sur un ton d’espoir, même si…non, non, lisez de vous-même, vous me direz ce que vous en pensez après avoir été confronté à cette fin de malade.

Enfin, Interfeel, c’est aussi un moyen aussi de réfléchir à certains thèmes, comme les libertés individuelles qui prennent une place centrale et fondamentale dans ce roman de science-fiction, ou les réseaux sociaux et leur place dans nos vies. Des réflexions sur les inégalités sociales et les différences entre les Connectés (ceux qui sont connectés à Interfeel) et les Sans-Réseau (ceux qui n’ont pas Interfeel). Sur la stigmatisation, bref, des thèmes sociaux actuels que l’on retrouve dans Interfeel.

Pour ce retour à la science-fiction, c’est une lecture très agréable, qui se lit facilement, avec un style fluide et des personnages auxquels on s’accroche. A lire, autant pour son scénario original que pour ses pistes de réflexion proposées ! Coup de cœur ? On s’en approche !

Pour aller plus loin

Publicités

Publicités