#22: Une histoire des parents d’écrivains – Anne Boquel & Étienne Kern

22 une histoire des parents d'écrivains

Une histoire des parents d’écrivains par Anne Boquel et Étienne Kern

  • Maison d’édition: Flammarion    
  • Pays : France
  • 324 pages
  • Quatrième de couverture:

« Dans la lignée de l’Histoire des haines d’écrivains, avec la même verve et une pluie d’anecdotes, ce livre raconte comment les parents d’écrivains du XIXe et du XXe siècle ont réagi à la vocation de leurs rejetons. Pour beaucoup, qui rêvaient d’un métier sérieux ou d’un avenir solide, c’est ladisgrâce absolue : Jules Renard n’est qu’un « chieur d’encre » aux yeux de sa mère ; le père de Nerval finit par rompre avec lui. Quant à la mère de Marguerite Duras, elle se désespère : « Tu es faite pour le commerce ! » Car, insiste Mme Gide, il faut bien trouver de quoi « mettre la poule au pot ». D’autres encore sont scandalisés, ou s’agacent d’une imagination jugée débordante. « Poulou n’a rien compris à son enfance », s’écrie la mère de Sartre après avoir lu Les Mots.

Certes, tous les parents n’ont pas été hostiles : Honoré a souffert sa vie durant de ses rapports avec la terrible Mme Balzac, qui exécrait ses premiers romans, mais il a eu le réconfort d’être le fils de son père ; un Théophile Gautier, une Marguerite Yourcenar ont été encouragés dès l’affirmation de leur vocation. Ce soutien frôle parfois la cocasserie pure : quand, emporté par l’inspiration, Lamartine célébra dans un poème le lierre majestueux, mais imaginaire, qui recouvrait la maison familiale, sa mère s’empressa d’en planter un, afin que nul ne pût prendre Alphonse en défaut…

Peur de la déchéance sociale, fierté face au succès, rejet d’un milieu qu’on connaît mal, incrédulité, dévotion ou indifférence : souvent savoureuses, ces réactions à l’irruption de la littérature dans une vie nous font plonger dans l’intimité de ces familles à la fois si lointaines et si proches. »

avis livre

Après les émotions fortes que m’a procuré ma dernière lecture, un thriller écrit de la génialissime plume de Donato Carrisi (Le tribunal des âmes), j’ai décidé de partir sur d’autres horizons. Ce livre n’était pas prévu au programme, et pour le coup, je tiens à remercier @ScriptedLullaby sur Twitter, que vous pouvez aussi retrouver sur son site, car c’est en lisant sa chronique que j’ai eu vent de la connaissance de ce livre. Comme j’écris et que je m’intéresse également aux écrivains, je me suis dit qu’il me fallait lire à mon tour ce livre et voir ce que je pourrais en dégager.

Comme il ne s’agit pas d’un roman à proprement parlé, avec une intrigue, j’avoue ne pas savoir comment m’y prendre pour vous donner envie de vous lancer dans l’aventure, ni même pour vous dire de quoi il retourne là-dedans. Je vous invite donc à lire l’article que propose Scripted Lullaby sur le sujet, et n’hésitez pas à vous rendre sur Babelio également, ou même d’autres sites.

Alors, voyons voir de quoi que ça cause, ce livre ? Comme le titre l’indique, nous y verrons une histoire extrêmement bien fournie sur les parents de nos écrivains célèbres et classiques. Beaucoup de familles vont y passer, leurs interactions et leurs rapports décortiqués par les deux auteurs qui ont déjà collaboré sur un autre livre du même acabit ; Une histoire des haines d’écrivains, qu’il faudra que je me procure aussi d’ailleurs !

Au menu, diverses noms que nous connaissons déjà, citons Balzac, Baudelaire, Flaubert, Duras…et tant d’autres ! Chaque famille d’écrivain a une réaction qui lui est propre, et que les deux auteurs ont compilé ici, dans ce livre divisé en plusieurs chapitres. A la fin, nous avons même droit à une rubrique, « Notices biographiques » qui m’ont bien intéressé. J’avoue que, si je lis beaucoup, je me rends compte qu’au final, je lis peu d’auteurs classiques et donc, je ne les connais pas tant que ça. Cette rubrique m’a bien intéressé parce qu’elle m’en disait plus sur l’histoire de la famille, tandis que les chapitres prenaient le temps d’expliciter plus en détail.

Dans nos parents d’écrivains, on a diverses figures toutes aussi intéressantes à étudier les unes que les autres ; les parents qui acceptent la vocation de leur rejeton et qui l’y encouragent, même, et ceux qui au contraire ne veulent pas en entendre parler, ne donnent pas leur soutien et refusent que leur enfant parte sur cette voie alors qu’ils auraient pu briller ailleurs. On ne peut pas leur en vouloir, en remettant les choses dans leur contexte : l’écriture assurerait-elle le revenu suffisant pour que leur rejeton vive dignement ? Et si la littérature les éloignait les uns des autres ? Puisqu’il n’a pas le bac ou le diplôme, il ne peut pas écrire…tant de remarques qui, encore maintenant, reviennent couramment. C’est ce qui m’a motivé à lire ce livre, voir la réaction des parents face aux enfants qui se plongent dans une carrière littéraire, remplie d’incertitudes, c’est vrai.

On y voit des conflits qui se terminent bien, ou mal. Des parents qui, au départ réticents, finissent par collaborer avec leur rejeton qui a pris la plume. Les liens sont toujours là et même si certains parents ne sont pas d’accord avec la vocation, ils aident quand même.

Quelques autres aspects dépeints dans ce livre, et qui nous ramènent à ces parents tourmentés : l’aspect autobiographique de certains titres, comme Poil de Carotte de Jules Renard et Vipère au Poing de Hervé Bazin (que j’ai recommandé dans #MardiConseil sur Twitter), mais il y en a plein d’autres ! Devant les confessions d’un enfant, les parents ne savent parfois plus où se mettre. Mensonges, reproches publiés et donc lus par des lecteurs qui pourraient les reconnaitre, vérités qui blessent, tout y passe ! Que penserait ma famille si j’écrivais mon autobiographie ? Je crois que je les tourmenterai, hélas !

Je pense qu’il y a aussi un élément à ne pas oublier : les auteurs étudiés sont en majorité du XIXème et XXème siècle, donc les mentalités étaient sensiblement différentes de celles que nous avons aujourd’hui. On parle beaucoup de peur de déchéance sociale dans cet essai. L’aspect social est en effet très important pour ces parents d’écrivains qui ont peur d’être déclassés ou mal vus par ceux qui les connaissent, c’est pourquoi quelques uns acceptent à contrecœur la vocation de leur rejeton en demandant néanmoins qu’il porte un pseudonyme, pour ne pas entacher la réputation de la famille.

Enfin, cet essai dépeint les relations qu’ont entretenu les auteurs avec leurs parents ; tantôt bonnes, tantôt mauvaises. De l’admiration de leur travail au rejet total, il y a toutes sortes de réactions que l’on juge consternantes, ou pas. Tout ceci appuyé par un nombre incroyable de documents, des correspondances notamment, qui nous permettent de lire vraiment les réactions des uns et des autres ; les déceptions comme les joies, les conseils littéraires des chers parents à leur enfant-plume.

C’est un livre à lire si vous le désirez, qui vous renseigne sur les rapports entre les parents d’écrivains et leur enfant qui, pour la plupart, ont quand même choisi leur propre futur alors qu’ils étaient destinés à autre chose, selon leur famille. Pour ceux qui, comme moi, sont curieux et avides d’en savoir plus sur les écrivains classiques, je leur recommande volontiers cette lecture. On y lit la vie d’un auteur, les rapports avec la famille, et on peut s’imaginer ce qu’est la vie d’un auteur. Par la même occasion, on se rendra compte que les choses n’ont pas forcément changé aujourd’hui.

Pour preuve, il n’est pas rare de voir ces questions apparaitre régulièrement : Peut-on vivre de son écriture ? Peut-on considérer qu’écrire est une vraie profession ? Voici des questions que se sont aussi posés les parents d’écrivains.

Chers scribouilleurs, chères scribouilleuses, voici ma question : comment réagit votre famille à votre passion d’écrire ?

Pour aller plus loin          

Publié à l’origine le 22 novembre 2017

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